Les chutes d'Iguazu (25° Sud / GMT-3)
Pour ne pas arriver trop tôt le lendemain, nous avons choisi de quitter Sao Paulo vers 20h00 avec un bus de la Pulma. Le pire bus que nous espérons avoir à prendre durant nos 8 mois de voyage. Comme il n'y avait plus de places dispo on s'est retrouvé avec la place des Seigneurs, au fond du bus à côté des toilettes et ce petit fumé si caractéristique. Accessoirement c'était aussi juste au dessus du moteur, de son ronronnement de veille machine usée et de la chaleur de ses pétarades. On a passé tout le voyage à jouer les dames pipi parce que la porte des WC ne s'ouvrait pas, transpirant en tee-shirt alors qu'à l'avant du bus on se blottissait sous les couvertures pour échapper à la clim.
Au premier arrêt on a tenté d'échapper à notre sort devant le mirage d'une paire de place vacante en milieu du bus. Après avoir cherché en vain l'approbation du chauffeur qui tenait avant tout à ce qu'on le laisse tranquille, on s'est gaillardement installé à nos nouvelles places. Dès le premier virage on a vu une large coulée d'eau descendre du toit le long de la vitre et c'est au moment ou nous ressentions le froid humide de la pluie que l'on a réalisé qu'elle descendait de l'intérieur. Nous remémorant une vague mise en garde du seul autre touriste du bus - un jeune mexicain en errance, nous sommes retournés à notre place, résignés et vaincus.
16 heures 30 plus tard - dont une et demi de bonus - nous arrivions épuisés, crasseux et puants à Foz de Igaçu. On trimballa encore nos sacs dans un bus de ville puis dans la voiture d'un bon samaritain qui nous conduisit jusqu'à l'hôtel après nous avoir repêché en pleine dérive pédestre, sur une route plus que douteuse... S'en suivi une journée et demi de farniente pour nous remettre de cet épisode douloureux et préparer la visite des "cataratas".
Le réveil a sonné à 6h30. Le ciel est d'un bleu sans tâche et l'air matinal encore frais. Deux heures plus tard on est au spectacle, en contemplation devant un tableau impressionniste en mouvement et fascinés par son tumulte assourdissant. Coté brésilien le site est extrêmement balisé et la promenade n'a plus rien de sauvage. En temps normal on aurait pu être déçus mais les chutes ont un pouvoir d'émerveillement incommensurable. Puissantes et majestueuses, elles apaisent et enivrent, plongeant le visiteur dans une sorte de méditation euphorique.
Encore sous le charme, il a fallu rentrer à l'hôtel, prendre une douche, reprendre deux bus de ville pour passer la frontière Argentine avant de rejoindre Puerto Iguazu - back on earth! Le voyage jusqu'à Buenos Aires sera à l'opposé de ce que nous avons vécu à l'aller. À bord d'un cama de Rio Uruguay, on a bénéficié de toutes les prestations d'une première classe aérienne. Pas besoin de vous dire comment chaque petit détail, la moindre attention, ont été appréciés à leur juste valeur!
