Lago Titiacaca (15° Sud / GMT-4)
Une escale de 4 jours sur les berges du lac Titicaca, entre Copacabana et Puno respectivement en Bolivie et au Pérou. C'est la saison des pluies et il ne fait vraiment pas chaud. Sous les nuages, l'herbe rase, le lac immense et les montagnes arrondies ont des airs Irlandais.
Depuis Copacabana on prend un bateau pour une petite randonnée de 4 heures sur l'Isla del Sol. Le lac étant à 3812 mètres, on a quand même un peu souffert pendant la marche mais les ruines et le chemin des crêtes offrent une belle récompense. Le lac ne vous quitte jamais, les paysages, la lumière et la couleur des eaux ont quelque chose de magique. On est au coeur de la mythologie Inca, c'est ici que le Dieu Viracocha est apparut pour créer le soleil - son fils, la lune et les étoiles. C'est aussi l'origine des premiers Incas, Manco Cápac et Mama Ocllo, à la fois frère et soeur et mari et femme.
Deux jours plus tard on visite les îles flottantes près de Puno. Fabriquées à partir du roseau totora qui pousse un peu partout autour du lac, elles sont une étape touristique presque obligatoire. A l'origine ces îles étaient habitées par les Indiens Uros, qui les déplaçaient à la recherche de poisson. En réalité la dernière représentante Uros est décédée en 1959, depuis les occupants des îles sont des Aymaras qui vivaient sur les terres bordant le lac Titicaca. Le tourisme a fini par sédentariser les îles aux environs de Puno afin d'en faciliter l'accès. Il est peu probable que la pêche demeure une source de revenu bien qu'on nous agite une volaille d'eau et du poisson séché pour illustrer le mode de vie. On est perplexe, hésitant entre le sentiment de visiter un musée et celui d'être dans un parc d'attraction, un peu gêné on se console avec les explications sur la construction des îles.
Pour compléter le tableau nous effectuons la visite au sein du pire groupe que nous ayons côtoyé, avec entre autre une "hard core family" Coréenne et un couple Russe sans complexe. Pour donner le "la" les ados nous balance du Gangnam Style pendant la traversée. Sur l'île toute la famille surexcitée monte sur n'importe quoi tandis que la grand-mère harcèle une pauvre Bolivienne pour faire baisser le prix d'un tissu traditionnel qui est déjà à 10$. De leur coté les Russes n'ont pas pris la peine de simuler le moindre intérêt pour ce que raconte le guide. A peine débarqués ils flashent tout ce qui bouge avec leur deux appareils photos plus une caméra, tournant autour du groupe assis pendant la démonstration, comme si tout était normal.
Je me demande si on peut trouver une explication dans l'apparition tardive du tourisme dans ces pays ou si c'est tout simplement intrinsèque au tourisme ... de masse.


























