Santiago du Chili (33° Sud / GMT-4)
À la descente du bus c'est la foire des grands chassés croisés de l’été. On se faufile jusqu'au métro à travers la foule agitée, direction Baquedano puis le barrio Bellavista où l'on se traîne sous une chaleur accablante à la recherche de notre auberge. C'est un ancien quartier bohémien, il accueille aujourd'hui plusieurs universités et une multitude de bar et discothèques dont les ambiances dépareillées suintent sous formes de peintures murales.
En début de soirée nous avons rendez vous avec Rosario, une petite Chilienne rencontrée furtivement devant les chutes d'Iguazu. Elle nous propose une soirée chez un de ses amis, en terrasse avec vue sur les Andes. On fait le plein de bières et soda avant de sauter dans un taxi qui nous dépose quelques minutes plus tard au pied d'un immeuble de 12 étages. Sans attendre nous nous élançons dans l'énorme hall d'entrée tandis que Rosario indique au gardien que nous nous rendons en terrasse - à priori celle de l'immeuble. On monte ensuite dans l'un des trois ascenseurs, quelques marches et nous voilà sur le toit avec une vue magnifique sur les lumières de la ville; on ne peut malheureusement qu'imaginer les montagnes endormies.
Petit tour de table pour saluer tout le monde, on fait connaissance avec plusieurs groupes. À peine un tiers des invités se débrouille en anglais mais tout le monde a le sourire, un sourire accueillant et chaleureux. L'espace est entièrement aménagé : meubles, frigo, évier, barbecue et même un jacousi. C'est l'heure de l'apéro, les discussions et les rires fusent, chacun se sert en bière, rhum ou soda pendant que le barbecue chauffe patiemment un énorme morceau de bœuf.
Je me rapproche du cuistot, un prof de tennis et ancien scout catholique tandis que Ritta raconte nos péripéties antes-mariage à un groupe de filles. On nous fait goûter une saucisse chilienne, le bœuf est découpé en petits bouts dans des assiettes qui rentrent en orbite autour de la table. Rosario demande à ce que l'on débouche un vin Chilien pour accompagner la viande - le fameux cabernet, je savoure. C’est un peu ce que nous sommes venus chercher à l'autre bout du monde.
Au cours de la soirée, je récupère tout un tas de conseils pour notre séjour au Chili, découvre une guerre du pacifique totalement inconnue en Europe ainsi que l'expression "Être plus dangereux qu'un Argentin avec une carte" qui m'amuse beaucoup et fait écho à une discussion que nous avions eu à Buenos Aires, avec Shona - the British - et Pablo son doux et tendre « Porteno » au sujet des Malouines. C'est déjà presque 3 heures quand on nous raccompagne à l'hôtel.
5 heures de sommeil, deux toasts, du thé, et un double skype parental; on entame notre exploration de Santiago. Direction Plaza de Armas, une expo photo sur les migrants de la panaméricaine et l'heureuse découverte du marché central - le premier marché au poisson de notre séjour au Chili. On y fait notre pause déjeuner suivie d'une lente digestion indolente à l'ombre d'un Palmier. Dans l'après midi nous sommes rejoins par Rosario pour une visite du Santiago qu'elle affectionne; ses parcs, les rues et centres culturels, son bar fétiche avec dégustation de l'improbable hotdog italiano - tomate, mayo & avocat!
En tout nous aurons passé moins de 48 heures dans cette ville ensoleillée au milieu des montagnes, mais elles furent intenses et d’une saveur tout à fait particulière grâce à notre hôte et ses amis Santiaguinos. Malgré le manque de sommeil, on part de bonne heure et ultra motivés pour Valparaiso.

