Machu Picchu (13° Sud / GMT-5)
L'ascension du mont Machupichu ou comment Ritta et moi avons gravi les escaliers Incas, à travers la forêt tropicale de la vallée sacrée, sur plus d'un kilomètre de dénivelé.
La veille nous avions couché à Agua Caliente ralliée en train avec Inca Rail - "a Mystic Experience". On s'est mis en route avant l'aube, rapidement dépassés par de jeunes arrogants filant au pas de course, impatients d'en découdre avec le mythe Inca. Nous les retrouvions à peine une vingtaine de minutes plus tard, à l'agonie, étalés sur les marches du sentier. Le Machu Picchu mérite quelques égards, son chemin escarpé est une épreuve d'endurance.
Le jour se lève difficilement sur la jungle humide tandis que nous nous rapprochons des cimes et lorsque l'on arrive sur la cité impériale elle est encore ensommeillée dans une brume matinale. Difficile de décrire le sentiment que l'on éprouve devant l'une des sept merveilles du monde. On a beau avoir vu les photos des dizaines de fois, c'est une grande émotion. Décor naturel à la beauté céleste, le site en lui même est exceptionnel par son implantation et dégage une grande force spirituelle. Les incas vénéraient le soleil, les montagnes et le condor qui emporte les âmes des défunts dans leur voyage; on retrouve d'ailleurs plusieurs temples et un observatoire astrologique.
La ville tout entière repose sur ses terrasses également utilisées pour l'agriculture. Elles ont permis aux ruines de traverser le temps sans qu'il ne pose son empreinte. Les fontaines vieilles de 500 ans continuent de déverser l'eau d'une source distante de plusieurs kilomètres, contribuant à habiter le lieu. A priori la cité fut tout simplement abandonnée lors de la guerre civile qui déchira l'empire, ce qui la préserva de la profanation habituelle du colon Espagnol.
Imaginer la vie quotidienne dans cette cité perchée dans les nuages est un voyage onirique, un rêve qui vous transporte dans une civilisation mystérieuse et raffinée.
Après cet intervalle lyrique, nous sommes repartis à l'assaut de la montagne le long d'un chemin en surplomb, persuadés de laisser derrière nous le chapitre le plus douloureux. On a vite déchanté alors que nous nous engagions sur une trajectoire toujours plus raide, aussi abrupte et à flanc de montagne que les escaliers du Mordor. Filant vers les nuages malgré la fatigue, le manque d'oxygène et quelques frayeurs à l'approche des falaises, notre marche s'est transformée en une quête épique de deux hobbits apeurés.
Si ce n'est par acharnement on n'aurait jamais atteint le sommet. Là où la jungle se dissipe comme les nuages, laissant place à un lieu étrange et féerique peuplé d'oiseaux, de dizaines de papillons et autres insectes volants. A 3078 mètres le calme irréel du paysage vous envoûte et ne nous a plus quitté. On a redescendu tout ce que l'on venait de monter, rattrapés par la pluie - de saison - alors que nous franchissions le Rio Urubamba en furie.
Retour trempé, en train et mini bus jusqu'à Cusco où on a marché comme des canards pendant 3 jours.


































